1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Le contexte actuel de la pandémie de la COVID-19, entraînant à la fois un ralentissement des activités économiques à l’échelle mondiale et une récession économique dans beaucoup de pays, a permis de prendre conscience de l’impérieuse nécessité de compter sur ses propres forces.

Au Sénégal, la pandémie de la COVID-19 n’a épargné presque aucun secteur d’activité économique formelle ou informelle, à l’exception des secteurs de télécom, de fabrication des masques, des produits hydro-alcooliques et d’autres produits pharmaceutiques. Et n’eussent été les mesures prises par le Gouvernement dans le cadre du Programme de Résilience Economique et Sociale (PRES) pour soutenir les ménages et les entreprises, les conséquences socio-économiques allaient être beaucoup plus difficiles à gérer. D’après les analyses de l’ANSD, il est prévu une décroissance ou récession de l’ordre de -0,7% en 2020 au lieu d’une croissance de 1% initialement annoncé dans leurs prévisions.

Toutefois, en dépit de cette décroissance prévue, la pandémie de la COVID-19 est révélatrice de l’ingéniosité des sénégalais dans divers secteurs d’activités et a stimulé leur créativité et savoir-faire insoupçonnés, laissant présager l’existence d’un potentiel qui n’attend qu’à être exploité. C’est le cas du riz sénégalais, de l’oignon, de la pomme de terre, des jus locaux, des céréales transformées, de l’habillement, du tourisme local, des produits culturels (musiques-chorégraphies, gastronomie, théâtres, téléfilms locaux), des produits artisanaux (cuir, meubles, décoration, habillement etc.), des TICs (e-commerce, ingénierie de services informatiques etc.).

C’est pourquoi, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Macky SALL, tirant les enseignements de cette crise sanitaire planétaire, dont l’intensité de l’onde de choc a surpris plus d’un, a souligné l’urgence de faire du « consommer sénégalais », non pas un effet de mode ou de conjoncture, mais l’affirmation d’une véritable culture de souveraineté économique.

Dans le même sillage, le Président de la République a demandé au gouvernement d’entreprendre des actions multiformes et pérennes pour davantage faire triompher un état d’esprit nouveau, centré sur la culture

  • du produire et consommer sénégalais ». En d’autres termes, il s’agit deproduire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons en dehors de toute contrainte.

En outre, lors du Conseil des Ministres du 19 août 2020, le Chef de l’Etat est revenu largement sur sa Vision de sortie de crise post-COVID-19 pour demander, instamment, aux ministres concernés d’œuvrer à l’ancrage de la politique du « Produire et du consommer local » qui,faut-il le reconnaître, est la voie tracée par la plus Haute Autorité, pour assurer un développement économique endogène inclusif, porteur d’une croissance auto-entretenue forte et durable, gage d’une émergence véritable.

Toutefois, le repositionnement de l’économie et la relance attendus passe d’abord par un changement d’attitudes et de comportements en matière de consommation. C’est pourquoi le Programme de Relance Economique Nationale (PREN), en cours de finalisation par le Gouvernement, s’appuie sur la consommation et l’investissement comme principaux leviers, pour tirer la croissance. Sous ce rapport, il s’agit principalement d’œuvrer à la reconversion des mentalités pour la conduite des changements, en suscitant un nouvel état d’esprit autour du « made in Sénégal » et en particulier du « local made in Sénégal ». En effet l’ancrage des habitudes de consommation au profit du « local made in Sénégal », va permettre de restaurer les dynamiques endogènes de l’économie avec des impacts immédiats très positifs sur :

  • le développement des filières de production et de transformation locales, ainsi que des chaînes de valeurs locales exploitant les ressources du terroir dans une perspective de développement durable adossé à l’identité économique de chaque territoire ou pôle territorial à identifier ;
  • l’économie des coûts logistiques, la maîtrise des chaines d’approvisionnement, en plus du bénéfice du « just in time » ;
  • le développement de l’entreprenariat privé local et la création d’emplois, en particulier au profit des jeunes et femmes, qui constituent les couches les plus vulnérables au chômage ;
  • la densification du tissu économique des PME/PMI formelles ;
  • la contribution réelle de la consommation intérieure sur le produit intérieur brut (cf. PREN) ;
  • la réduction du déficit de la balance commerciale ;
  • l’accroissement des revenus des masses (jeunes et femmes qui investissent dans l’entreprenariat local), entrainant une croissance inclusive;
  • la réduction de la prévalence de la pauvreté et la pauvreté chronique dans certaines zones ;
  • la réduction des inégalités sociales et territoriales ;
  • la réduction de l’exode rural et la migration internationale des jeunes sénégalais ;
  • la compétition et la concurrence territoriale ;
  • le développement de produits locaux bâti sur des socles d’avantages concurrentiels, ouverts à la labélisation et aux appellations d’origine, pour faire émerger un entreprenariat et un tissu économique local nouveau ;
  • etc.

Last but not least, le développement de l’économie locale par cette nouvelle approche va amplifier l’effort de l’Etat en matière de politique sociale et donner des signaux forts et clairs aux potentiels investisseurs et entrepreneurs, sénégalais comme étrangers, qui voudront se lancer dans la création d’activités futures.

Afin de réussir ce pari et ainsi amplifier cet élan et ces espoirs suscités, il est impérieux d’avoir une Stratégie nationale de promotion du consommer local, pour un développement économique solide, inclusifet durable des différents terroirs.

Cette nouvelle stratégie devra reposer, entre autres, sur :

  • une meilleure synergie, une mutualisation et une coordination efficace des interventions ;
  • un plan de communication-marketing de grande envergure pour les produits locaux (local made in Sénégal et made in Sénégal);
  • l’organisation d’activités pérennes et bien coordonnées qu’il faudra mener à l’échelle nationale et au niveau de la diaspora pour faire ancrer définitivement la politique du « produire et du consommer local » appelée par le Chef de l’Etat;
  • des projets ou programmes de valorisation des produits locaux ;
  • des projets pour l’appui et l’assistance techniques, ainsi que l’encadrement des entrepreneurs et des PME/PMI pour faire des produits de qualité (emballages, respect des règles d’hygiène, règlements techniques, normes privées, etc.) conformes aux exigences des marchés (domestiques et extérieurs);
  • des projets pour renforcer la surveillance et les contrôles des produits mis en vente sur le marchés ;
  • des projets pour faciliter l’accès aux financement (fonds à frais partagés, primes, crédits bancaires etc.) et l’accès aux marchés ;
  • etc.

Dans cette optique, le « Mois du consommer local » que le Ministère du Commerce et des PME compte organiser, peut être compris comme une activité pour répondre à la directive du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Macky SALL, pour faire ancrer définitivement dans lesstratégies et politiques publiques de l’Etat « la politique du Produire et du Consommer local ».

Pour réussir le pari de l’organisation de cette grande activité, le Ministère du Commerce et des PME a mis en place un Comité national d’organisation, composé des ministères et des services de l’Etat impliqués, du secteur privé, de la société civile et des personnes ressources pour s’accorder sur le concept, le programme d’activités à mener, la répartition des tâches et les objectifs à se fixer. A cet égard, la première réunion du comité national d’organisation est prévue, le jeudi 17 septembre 2020, à Diamniadio, au niveau des sphères ministérielles, 2éme arrondissement, sous la présidence effective de Madame Assome Aminata DIATTA, Ministre du Commerce et des PME.

  1. OBJECTIFS

1. OBJECTIF GÉNÉRAL

Contribuer à l’ancrage et au développement de la « mentalité du Consommer sénégalais »pour accompagner l’effort de l’Etat à lamassification de la production et à la transformation des produits locaux, pour l’autosuffisance et la sécurité alimentaires, ainsi que la souveraineté économique.

2. OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

  • Réaliser une campagne nationale d’information et de promotion de la consommation des produits et services locaux (savoir-faire national), durant le « Mois du consommer local » ;
  • Communiquer pour installer une nouvelle mentalité centrée sur le consommer sénégalais ;

·     Construire une image de marque et une forte identité visuelle des produits et services locaux ;

  • Modifier les attitudes et perceptions défavorables sur les produits et services locaux ;
  • Créer de puissants labels de « consommer sénégalais » et répertorier dans un catalogue les produits et services locaux des différents terroirs ;
  • Vulgariser les mécanismes d’accompagnement des services financiers et non financiers de l’Etat au profit des entreprenants, des TPE et PME/PMI pour la résilience et la relance de l’économie ;
  • Vulgariser la loi d’orientation relative aux PME ;
  • Actualiser la stratégie nationale de promotion du « consommer sénégalais ».

III- PORTEE

Cette activité touche des cibles élargies suivantes, dans le périmètre de l’économie locale. Il s’agit des :

  • Ministères et services de l’Etat impliqués ;
  • Entreprises (PME/PMI et GE), organisations patronales et associations ou fédérations des PME, Associations des Commerçants et Industriels ;
  • Groupements de producteurs de biens et de services de toute nature à caractère local ;
  • Partenaires techniques et financiers ;
  • Chambres de Commerce et chambres des Métiers ;
  • Consommateurs (au Sénégal et dans la diaspora) ;
  • Société civile ;
  • Distributeurs (Grandes surfaces, Commerçants grossistes, Demi-grossistes, Détaillants, etc.) ;
  • Prescripteurs ;
  • Leaders d’opinions (religieux ; hommes politiques ; chanteurs, footballeurs, lutteurs ; universitaires et Ecoles supérieures) ;
  • Ambassades et représentations diplomatiques du Sénégal à l’étranger ;
  • ONG ;
  • Médias ;
  • Etc.

IV- STRATEGIE

Des actions communicationnelles et événementielles, logistiques, financières, institutionnelles, réglementaires et citoyennes identifiées, chiffrées, échéancées et hiérarchisées, permettront d’atteindre les objectifs du « Mois du Consommer local ».

V- RÉSULTATS ATTENDUS

  • Le « Mois du consommer local » sera organisé dans les cinq pôles Nord-Sud-Ouest-Est et Centre regroupant les 14 régions. A cet

égard, des visites guidées d’entreprises, des expositions ou mini-foires, des forums sous forme de panels sur le thème « Promotion des produits locaux et du Consommer local : enjeux et perspectives pour l’économie sénégalaise » seront organisés. Le lancement officiel du « Mois du Consommer local » est prévu à

Dakar sous la présidence du Chef de l’Etat. Dans les régions, les activités vont se dérouler, autour des gouverneurs de région, sous la présidence d’un Ministre désigné.

  • Une mobilisation nationale et une implication de tous les acteurs potentiels qui peuvent contribuer (Leaders d’opinion : hommes politiques, religieux, sportifs, chanteurs, écoles supérieures, universités, jeunes, femmes, services de l’Etat, secteur privé, société civile etc.) ;
  • Le maillage des principaux médias (TV, Radio, Réseaux sociaux, Presse, quotidienne et magazine) par des thématiques portant sur le consommer sénégalais (chaque jour pendant tout le mois d’octobre).
  • Des animations de terrain, accompagnées de dégustations (arts culinaires) dans toutes les régions, par l’intermédiaire des groupements de femmes ;
  • Le label « consommer sénégalais » est élaboré et accepté par les producteurs et distributeurs.